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En 2025, économies obligent, la flotte des cars de vidéo mobile de France Télévisions est attaquée, juste après avoir reçu des louanges pour son travail sur les JOP 2024. Deux cars lourds de captations sont en voie de suppression, alors que ces outils HD sont amortis et qu’ils ne coutent plus rien à l’entreprise.
Renoncement ou trahison ? Depuis 2015, la direction de France Télévisions a toujours proclamé que les moyens internes de fabrication sont l’un de ses actifs stratégiques qui fondent son indépendance. Qu’est qui a changé aujourd’hui pour que cette même direction décide brutalement de supprimer deux cars de vidéo mobile ? Faire tourner le plus possible ses moyens internes est un principe vertueux dans une entreprise afin de minimiser la sortie de cash que nécessite le recours à des moyens externes. Mais plus on utilise les moyens internes, plus cela consomme de l’ETP, le fameux Emploi Équivalent Temps plein dans le jargon des gestionnaires. Nous sommes donc face à une injonction contradictoire, celle de devoir faire tourner à plein nos moyens et celle de devoir contenir nos effectifs. C’est une entrave majeure qui entraine une sous-utilisation de nos capacités de production et la direction a beau jeu ensuite de reprocher à ces moyens de ne pas être assez utilisés. Une spirale infernale contre laquelle nous nous battons car pour la direction la seule solution c’est l’externalisation. Et elle est croissante à France Télévisions.
Rétention d’information Dès le 20 décembre 2024, quelques jours après l’annonce brutale de la suppression de deux cars vidéo mobile, la CGT et la CFDT ont demandé la production d’un inventaire exhaustif de toutes les captations réalisées pour France Télévisions sur trois années, avec la distinction du recours aux moyens internes et aux moyens externes. Un exercice vraisemblablement très compliqué pour la direction qui s’est dite dans l’incapacité de nous fournir ces données avant... fin mars 2025 ! Étonnant pour une entreprise qui veut optimiser le recours aux moyens internes mais qui ne suit pas en temps réel les émissions externalisées. À moins qu’elle n’ait quelques craintes à révéler ces informations tant l’externalisation est importante dans notre entreprise. Nous sommes le 3 avril et... toujours rien ! Qu’à cela ne tienne, les personnels ont commencé eux-mêmes à établir cette liste. À ce jour, voici une liste (non exhaustive) d’émissions qui échappent à la Fabrique :
On peut ajouter à cela un nombre important émissions spéciales externalisées :
Évidemment, nous n’avons pas les moyens de la direction pour réaliser un inventaire exhaustif.
Diviser pour mieux régner La direction essaie de diviser les salariés, comme toujours. Il est dommage qu’elle reçoive l’appui de certains syndicats qui prônent plutôt des discussions de type « salon de thé ». L’histoire sociale de notre entreprise montre pourtant, pour ceux qui ont un peu de mémoire, que seule la lutte des salariés face aux mauvais coups de la direction a systématiquement permis de sauver nos moyens internes de fabrication, que ce soit en 2002 à la filière de production, en 2007 ou en 2018. Ce ne sont pas les habituels rapports de la Cour des comptes ou de l’IGF qui nous ferons dévier de notre position. Seuls les problèmes budgétaires expliquent cette position de la direction et nous n’avons pas vocation à accepter cette situation artificielle imposée par le Gouvernement. Le conflit social à la fabrique est loin d’être terminé. La CGT et la CFDT exigent toujours la suspension de ce projet à la fois brutal et injustifié et l’engagement d’une discussion pour construire un projet alternatif, associant les personnels, la lutte continue. Paris le 03 avril 2025
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